Avec 7 euros, vous mangez pour deux ! : plébiscitée par certains, critiquée par d’autres… On vous explique la polémique autour de cette enseigne

Avec 7 euros, vous mangez pour deux ! : plébiscitée par certains, critiquée par d'autres... On vous explique la polémique autour de cette enseigne

Une petite file qui s’étire sur le trottoir. Des pilons dorés vendus à 1 euro. Une mairie qui place des blocs de béton devant une vitrine. Voilà le tableau qui alimente une vive polémique autour de Master Poulet. Entre enthousiasme populaire et rejet municipal, la controverse dit beaucoup sur nos villes et nos choix alimentaires.

Pourquoi l’enseigne suscite-t-elle autant de réactions ?

Le phénomène commence par un simple constat : le poulet bon marché attire. En cinq ans, le marché du poulet a progressé d’environ 25% en France. La street food investit les centres urbains. Master Poulet, qui revendique près de 10 000 tonnes écoulées en 2025 et une cinquantaine de boutiques, devient le symbole de cette vague.

Pour beaucoup, c’est une offre pratique et peu chère. Un pilon à 1 euro. Une barquette de pommes de terre à 2,50 euros. Un repas complet, riz et boisson inclus, pour 7 euros. Ces prix expliquent l’affluence. Les files atteignent parfois vingt mètres devant certaines boutiques.

Ce que dénoncent les riverains et commerçants

Les plaintes reviennent souvent. D’abord, l’odeur. Des habitants disent ne plus pouvoir aérer leurs appartements. Ensuite, le bruit et les attroupements, surtout le soir. Enfin, la concurrence ressentie par certains restaurateurs traditionnels. À Boulogne-Billancourt, des commerçants parlent d’une image de quartier dégradée.

Certains s’inquiètent aussi de la provenance de la viande. La direction de l’enseigne indique s’approvisionner majoritairement en Europe, notamment en Pologne et en Espagne. L’interprofession de la volaille rappelait déjà qu’en 2019, 77% du poulet utilisé en restauration provenait d’importations. Pour beaucoup, le prix bas pose une question de traçabilité et de qualité.

Pourquoi beaucoup de clients défendent l’enseigne

Face aux critiques, il y a une réalité sociale. Des salariés, des étudiants ou des familles cherchent des repas consistants sans se ruiner. Plusieurs clients assurent qu’avec 7 euros, ils peuvent nourrir deux personnes. Ils voient là une solution concrète pour tenir un déjeuner ou un dîner dans un budget serré.

La rapidité compte aussi. La file d’attente traduit la demande. Dans des zones très fréquentées, l’offre remplace parfois d’autres fast-foods plus chers. Pour une partie de la clientèle, l’argument principal reste simple : prix abordable et satiété garantie.

Les réponses des mairies : du bloc de béton aux pots de fleurs

La situation a pris un tour politique à Saint-Ouen. Le maire, Karim Bouamrane, a décidé d’empêcher l’enseigne de s’installer à certains emplacements jugés problématiques. La pose de blocs de béton devant la devanture a fait la une. La justice a ordonné le retrait des blocs. La mairie a ensuite dressé des pots de fleurs géants en face de la vitrine.

Le motif avancé est la lutte contre la prolifération de la « junk food ». L’élu estime que la diversité commerciale du centre-ville se dégrade. Il défend aussi un modèle urbain plus « qualitatif ». L’argument provoque des réactions vives sur les réseaux sociaux et dans la presse locale.

La défense de Master Poulet et le cadre légal

La direction se dit victime d’une campagne politique. Elle souligne respecter les normes d’hygiène et de sécurité. Elle explique ne pas frire le poulet mais le rôtir. Elle rappelle la contrainte logistique : pour répondre à de très gros volumes, une partie des approvisionnements vient de pays européens.

Sur le plan juridique, chaque commerce peut, en principe, s’installer selon la réglementation en vigueur. Les mairies disposent cependant d’outils d’urbanisme et de police municipale pour limiter des nuisances avérées. Le bras de fer entre la mairie et l’enseigne pose donc une question plus large : jusqu’où peut aller l’action publique pour préserver la qualité de vie sans restreindre l’offre commerciale ?

Que retenir ?

La controverse autour de Master Poulet illustre un choc d’intérêts. D’un côté, des consommateurs qui cherchent du repas accessible. De l’autre, des élus, des riverains et des restaurateurs qui veulent protéger le cadre de vie et la diversité commerciale.

Il n’y a pas de réponse unique. Si vous êtes client, vous comprenez l’attrait des prix bas. Si vous vivez à proximité, vous ressentez peut-être les nuisances. La suite dépendra des décisions locales et du dialogue entre les acteurs. Ce feuilleton montre surtout que l’alimentation dans la ville reste un terrain de tensions et d’enjeux politiques.

5/5 - (12 votes)

Auteur/autrice

  • Je suis veterinaire specialisee en nutrition animale et passionnee de gastronomie. Diplomee en sciences animales a VetAgro Sup, j’ai travaille en clinique canine et feline avant de conseiller des marques d’alimentation premium pour chiens, chats et oiseaux. Mon expertise porte sur l’impact concret des ingredients et des modes de preparation sur la sante animale. Je collabore regulierement avec des refuges et associations pour adapter les rations aux besoins specifiques. Sur ce site, je partage mes analyses d’actualites alimentaires et mes conseils pratiques pour concilier plaisir gustatif et bien-etre de vos compagnons.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *