Le riz vous paraît peut‑être inoffensif. Et pourtant, l’ombre du réchauffement climatique plane aussi sur ce grain de base. Vous allez découvrir pourquoi une rizière peut être une importante source de gaz à effet de serre — et surtout ce que vous pouvez faire au quotidien.
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Pourquoi le riz produit-il du méthane ?
Tout part d’une pratique agricole ancienne : la riziculture inondée. Quand les champs restent remplis d’eau, l’oxygène n’arrive plus dans le sol. Des bactéries particulières s’y développent. Elles transforment le carbone en méthane et le libèrent dans l’air.
Le méthane est un gaz très puissant. Sur une période de 100 ans, il réchauffe l’atmosphère environ 25 fois plus que le CO2, pour une même quantité. Autrement dit, des rizières inondées peuvent contribuer fortement au changement climatique.
Combien le riz « pèse » dans le bilan carbone ?
Selon des bilans environnementaux, produire un kilogramme de riz émet approximativement 2 kg d’équivalent CO2. C’est sensiblement plus que d’autres céréales comme le maïs ou le blé, et beaucoup plus que les légumineuses.
Pour mettre cela en perspective : un kilo de viande de bœuf génère environ 28 kg d’équivalent CO2. Le beurre tourne autour de 8 kg et le fromage d’environ 5 kg. Les céréales et légumineuses comme le maïs, les lentilles ou le boulgour se situent bien en dessous de 1 kg par kilo consommé.
Le riz n’est donc pas l’aliment le plus émetteur. Mais parmi les céréales, il se situe en haut de la liste à cause du méthane.
Est‑ce que cela a toujours été ainsi ?
Non. La riziculture inondée existe depuis environ 5 000 ans en Asie. À l’époque, elle a même influencé favorablement le climat en évitant un refroidissement. Aujourd’hui, avec toutes les émissions liées à l’industrie et aux transports, ces rejets supplémentaires de méthane pèsent autrement dans l’équilibre climatique.
Peut‑on cultiver du riz sans produire autant de méthane ?
Oui. Il existe des méthodes de culture moins inondées. En pratiquant une riziculture sur sol plus sec, on réduit notablement les émissions de méthane. Ces pratiques sont parfois moins rentables économiquement, mais elles demandent aussi moins d’eau et moins de main‑d’œuvre dans certains contextes.
Le Japon teste aujourd’hui des systèmes à plus grande échelle. L’idée est d’obtenir du riz tout en limitant la production de méthane. C’est un levier technique pour diminuer l’impact climatique de cette culture.
Que pouvez‑vous faire, en tant que consommateur ?
- Varier votre alimentation. Manger moins souvent du riz et inclure davantage de légumineuses aide la planète et votre santé.
- Privilégier les céréales alternatives comme le maïs, le millet ou le boulgour pour réduire l’empreinte carbone moyenne de vos plats.
- Si vous achetez du riz, renseignez‑vous sur les pratiques agricoles. Favorisez les filières qui diminuent l’inondation des rizières.
- Choisir des céréales complètes et des légumineuses favorise aussi votre santé. Le riz blanc est lié à un risque accru de diabète dans certains pays, rappelle la recherche.
Des chiffres et des réalités à garder en tête
La demande mondiale en riz augmente avec la population. Certains pays, surtout en Afrique, dépendent fortement de cette céréale pour la sécurité alimentaire. Toute solution doit donc concilier climat et besoins alimentaires.
Réduire les émissions liées au riz ne signifie pas forcément arrêter d’en consommer. Il s’agit plutôt d’orienter la production vers des méthodes moins émettrices et d’équilibrer nos menus avec d’autres aliments bons pour la planète et pour la santé.
Conclusion
Oui, le riz contribue au réchauffement climatique, principalement par le méthane émis par les rizières inondées. Mais il reste moins émetteur que la viande rouge. Vous avez du pouvoir : diversifier votre alimentation, favoriser les légumineuses et privilégier du riz issu de cultures moins inondées sont des gestes concrets et accessibles.
Ce sont des choix à la fois personnels et collectifs. Ils comptent, pour le climat et pour demain.


